— Ah bon ! je craignais que ce fusse plus grave, ne peut s’empêcher de lancer le Gros.
SAN-ANTONIO, Zéro pour la question (p. 77)
Comment utiliser fusse-t-il, fusse-t-elle, fût-ce ? Est-ce correct ? Par exemple, fût-ce n’induit a priori pas une condition ou une suggestion alors qu’on utilise cette tournure de la sorte (Ça ressemble beaucoup au ne serait-ce que qui, lui, est au conditionnel.).
°Fusse-t-il, °fusse-t-elle sont des des formes inexistantes, des barbarismes. C’est la conjugaison du verbe être à l’imparfait du subjonctif dans un emploi équivalent à celui du conditionnel.
| Subjonctif | Forme inversée | Conditionnel équivalent | Personne |
|---|---|---|---|
| que ce fût | fût-ce | serait-ce | 3e pers. du singulier |
| qu’il fût, qu’elle fût | fût-il, fût-elle | serait-il, serait-elle | 3e pers. du singulier |
| qu’ils fussent, qu’elles fussent | fussent-ils, fussent-elles | seraient-ils, seraient-elles | 3e pers. du pluriel |
Avec la même logique, on a, avec le verbe avoir :
Grevisse et Goosse, le Bon Usage, 14e édition (2007) indiquent :
L’imparfait du subjonctif peut, dans une sous-phrase ayant la valeur d’une proposition commençant par même si, équivaloir à un conditionnel présent. Ce tour appartient à la langue littéraire, sauf avec fût-ce, plus répandu. (§ 895)
L’imparfait ou le plus-que-parfait quand le fait exprimé est hypothétique ; ces subjonctifs (parfois appelés éventuels) correspondent à un conditionnel présent ou passé qu’on aurait si l’on transformait la proposition en phrase (§ 899)
On peut avoir les équivalences suivantes :
Fût-il encensé par tous les critiques, je n’irai pas voir ce film dont je déteste l’acteur principal.